La plaine.

La plaine.
C'est depuis cette vaste plaine balayée par le vent et la pluie que s'agence ma pensée. Droit devant moi se présente le vide infini. La terre est deserte, le paysage vierge, si l'on écarte de ce jugement la présence d'une maigre végétation et, au loin, d'un arbre torturé, frappé des siécles plus tôt par le courroux violent de la foudre. Le schéma logique qui structurait ma pensée s'est peu à peu effrité, transporté au gré du vent. La pluie fouette mon visage si fort, si réguliérement que j'en oublie la douleur. J'entends au loin le frisson à peine perceptible du vent qui caresse les branches du vieil arbre, bras desarticulés de ce grotesque gardien de la plaine. Je marche et suis porté par l'élan inconnu qui me transcende. Je suis vierge de tout but et empreint du désir d'infini. Je passe au travers du voile des réalités. Mes yeux s'ouvrent brusquement et ma vue englobe la plaine. L'étendue respire et je communie avec elle. Je me sens puissament attiré par cette terre maternelle, racines retrouvées d'un homme perdu. Je sens le vent et la pluie. Et toute notion de temps devient obsoléte.

# Posté le jeudi 27 décembre 2007 08:49

Modifié le vendredi 28 décembre 2007 06:15

Existence.

Existence.
Le claquement regulier de ses pas sur le parquet me sortit de ma douce torpeur, à mesure qu'il trouvait écho sur les murs de cette large piéce. Clac, clac, clac. Ce bruit, qui dans un environement normal aurait été presque inaudible, se faisait assourdissant dans l'immense piéce dont le silence était coutumier. Cela fesait à peine quelques minutes qu'il venait de troubler le silence quasi-sacré de l'endroit et pourtant ce bruit ne cessait d'amplifier. Son furtif écho emplit toute la piéce, se repercutant sur les grandes étagéres de bois massif, caressant la reliure de chacun des vieux livres qui y étaient entassés. Devenant brusque, agressif et sourd, ricochant violement sur toute la surface de la pièce, du sol au plafond, le claquement résonna une derniére fois.
Puis il s'éloigna.
J'avais à nouveau expérimenté le trouble. Ce dérangement, aussi insinifiant puisse-t'il paraître, était venu modifier le cours de ma journée codifiée. J'avais fait ce premier geste, avait relevé la tête, les sens aiguisés, dans l'unique but d'identifier la source de mon trouble. Cette simple opération qui, au premier abord, peut sembler banale, avait necessité au moins deux de mes sens. Tout deux anesthésiés. J'avais mobilisé ma conscience et rassemblé mes forces pour identifier l'intrus sonore.
Mes paupiéres battirent deux fois de suite, ma vue passant du flou au net. Mes idées se firent précises elles aussi. Je prenais alors conscience de ma présence ici, dans cette piéce éternelle. La lumiére filtrait à travers les fenêtres, illuminant de son éclat les poussiéres suspendues en l'air. Cela fesait bien des années que j'était assis à cette table, devant cette feuille, où figurait un seul et unique mot recopié à l'infini.

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# Posté le samedi 15 décembre 2007 16:24

Modifié le samedi 15 décembre 2007 17:02

J'irais bien faire un tour du côté du Park Parano un de ces soirs...


Malgrés les diverses critiques, plus ou moins justifées,
Ca reste un putain de moment.

Un putain de film.

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 15:14